Frequently asked questions

L’information contenue dans cette section ne constitue pas un avis médical.  Les réponses aux questions ne peuvent pas remplacer une consultation médicale, un diagnostic ou un traitement. Si vous avez des questions sur votre condition médicale, consultez un médecin ou un autre professionnel de la santé. Avant de commencer, de cesser, de modifier ou d'ajuster votre traitement, médicament ou dosage, consultez votre professionnel de la santé.

Vous avez des questions sur le traitement de la douleur chronique et des troubles de l’usage des opioïdes? Des spécialistes en traitement de la douleur chronique et de la dépendance aux opioïdes vous répondent. Les réponses ne constituent pas un avis médical.

Douleur chronique

Un médecin spécialiste de la douleur vous répond

1. Je suis médecin de famille. Dans le traitement de la douleur, à partir de quelle dose d’opioïde à courte action peut-on passer à un opioïde à longue action?

Il ne s’agit pas tant d’une question de dose que de type de douleur. Dans le cas d’une douleur aiguë, qui ne devrait pas durer longtemps et qui devrait diminuer assez rapidement, il est pertinent d’avoir recours à des opioïdes à courte action, dont une partie peut être prescrite au besoin. Cela permet de s’adapter à la situation de l’usager qui évolue rapidement.

Pour une douleur subaiguë, qui durera probablement plus longtemps, il convient de donner une base d’analgésie avec un opioïde à longue action.

2. Je suis usager et je consulte un médecin dans une clinique de la douleur. Pourquoi ne dois-je pas croquer certains comprimés d’opioïde même si je trouve que ça rend le traitement plus efficace?

Certains comprimés sont formulés pour libérer le médicament durant 12 et parfois 24 heures. Il s’agit ici de médication à libération prolongée, dont le but est de procurer un soulagement de longue durée. Le fait de croquer ou de briser le comprimé peut modifier la durée de l’effet du médicament. Vous ne profiterez donc pas du soulagement durant toute la période souhaitée. 

Les comprimés à libération prolongée contiennent aussi plus de médicaments. Ils  sont conçus pour libérer le médicament progressivement durant 12 ou 24 heures. Briser le comprimé peut libérer le médicament d’un seul coup et augmenter le risque de dépression respiratoire et d’autres effets secondaires graves. 
 

3. Les opioïdes d’ordonnance sont-ils les analgésiques les plus efficaces dans tous les cas de douleur chronique?

Les opioïdes d’ordonnance sont des médicaments efficaces pour traiter plusieurs types de douleur, par exemple, la douleur ressentie à la suite d’une chirurgie ou d’une blessure. Ils ne sont pas efficaces pour les douleurs de type fonctionnel : migraine, fibromyalgie ou côlon irritable. Il est important de savoir que plusieurs autres familles de médicaments peuvent soulager la douleur. Le choix du produit est généralement déterminé selon le type de douleur que vous présentez. Votre médecin peut décider de ne pas utiliser d’opioïde parce qu’il ne s’agit pas d’une option efficace pour votre condition médicale.

4. Je suis médecin de famille et je veux savoir si on peut prescrire des médicaments opioïdes pour soulager la douleur à une personne qui est actuellement en traitement à la méthadone.

Oui, dans le cas d’une douleur aiguë, par exemple, une douleur post-opératoire, une fracture ou une extraction dentaire. Il faut souvent prescrire à l’usager qui est en traitement à la méthadone une dose d’antidouleur à base d’opioïde plus élevée qu’à l’habitude parce que la tolérance est accrue et que la douleur ne sera peut-être pas soulagée par une dose habituelle. Il faudra ensuite planifier un décroissant de dose pour l’opioïde choisi, afin d’éviter le sevrage. Dans ce genre de situation, le patient risque de rechuter et d’abuser des comprimés qui lui ont été prescrits. Pour toutes ces raisons, le médecin qui prescrit le médicament antidouleur à base d’opioïde et le médecin prescripteur de méthadone devraient se consulter.

Dans le cas d’une douleur chronique, il existe d’autres options que la prescription d’un médicament opioïde. Les médicaments opioïdes peuvent être moins efficaces à long terme et le patient pourrait en abuser. Les autres approches incluent, entre autres, une augmentation de la dose de méthadone ou la prise d’analgésique non opioïde, par exemple, les anti-inflammatoires et les coanalgésies. Les approches alternatives, telles  la physiothérapie et la psychothérapie, font aussi partie des options à considérer. 
 

5. Le Dilaudid® (hydromorphone) 2mg est-il moins puissant que la morphine 5mg?

Si on parle d’équivalence analgésique, l’hydromorphone 2mg en comprimé est en fait équivalent à 10mg de morphine en comprimé. 

6. Pourquoi ne puis-je pas recevoir mes opioïdes pour un mois comme le reste de ma médication?

Les médicaments contre la douleur de type opioïdes sont des médicaments contrôlés qui peuvent être dangereux. Malheureusement,  plusieurs usagers en abusent. Pour des raisons de sécurité et pour aider les usagers  à prendre leurs médicaments tels que prescrits, il est souvent indiqué de limiter la quantité de médicaments auxquels ils  ont accès. 

7. Concernant ma médication opioïde, est-ce qu’il faut absolument que je suive les directives du médecin? Je pourrais essayer d’en prendre moins quand j’ai moins mal…

Si vous prenez des opioïdes à courte action, vous pouvez prendre le médicament au besoin. Si toutefois, vous recevez une formulation à action prolongée, il est important de respecter les directives de votre médecin. 

Si vous désirez diminuer la dose de votre opioïde à action prolongée, il sera sage d’en parler à votre médecin. Vous pouvez aussi en parler à votre pharmacien, qui pourra entrer en communication avec votre médecin.
 

Une infirmière de la clinique de la douleur vous répond

1. J’ai peur de demander de l’aide à mon pharmacien quand je ressens une douleur plus forte qu’à l’habitude. J’avais l’impression que mon ancien pharmacien me soupçonnait d’être une junkie et j’ai dû trouver une nouvelle pharmacie. Et s’il avait raison ? Aurais-je vraiment un problème de dépendance?

Pour déterminer s’il y a perte de contrôle face à la médication, vérifiez la présence des comportements suivants :

  • Non-respect de la posologie prescrite par le médecin en devançant les heures de prise de médication ou en augmentant la dose soi-même;  
  • Utilisation des antidouleurs pour soulager d’autres symptômes que la douleur (par exemple, pour se détendre);
  • Tentative de devancer la date de renouvellement prévue à la pharmacie ou utilisation de la quantité prescrite plus rapidement que selon la période prévue; 
  • Utilisation compulsive malgré sa volonté de respecter la posologie prescrite.

Si vous avez des doutes, il est important d’en discuter avec votre médecin ou équipe traitante. Il est possible de traiter la douleur autrement qu’avec des opioïdes, si ceux-ci vous posent problème. Le rôle de votre médecin est de vous aider à gérer la douleur ou un éventuel problème de dépendance.

Il est aussi important de développer un lien de confiance avec votre pharmacien afin de lui parler de ce que vous vivez. Il pourra ainsi vous aider à trouver des solutions.
 

2. Je suis pharmacien de la communauté. Que dois-je faire quand un usager demande de renouveler sa médication opioïde avant la date prévue?

Il est important de déterminer la raison pour laquelle l’usager veut devancer sa médication. S’il part en voyage et que le renouvellement est prévu durant cette période, sa demande est légitime. 

Il est aussi possible que l’usager n’ait pas compris la prescription. Il est donc important de vérifier s’il a pris sa médication telle que prescrite, s’il a peur d’avoir mal et prend alors trop de médication ou, au contraire, s’il attend trop longtemps jusqu’à ce que sa douleur devienne insupportable, ce qui l’incite à doubler ou tripler la dose. 

Il faut aussi se demander si la personne présente un trouble de l’usage des opioïdes, et vérifier dans le Dossier Santé Québec si elle consulte d’autres médecins pour se procurer de la médication.

Quelle que soit la situation, le pharmacien doit aviser le médecin prescripteur pour le mettre au courant de la situation et déterminer avec lui s’il est acceptable ou non de devancer la médication. 

Une intervenante psychosociale de la clinique de la douleur vous répond

1. Je suis médecin de famille et je traite une usagère atteinte de polyarthrite rhumatoïde. Est-ce qu’un suivi psychosocial ou une psychothérapie peut aider à diminuer sa douleur?

Oui. Une personne atteinte de douleur chronique doit non seulement composer avec la douleur, mais aussi avec tous ses impacts dans la vie quotidienne, à la maison ou au travail. Cela peut causer un niveau important de souffrance et de détresse psychologiques. La personne vit des deuils difficiles (deuil d’un corps en bonne santé, deuil des activités qui ne lui sont plus accessibles, deuil causé par une perte de revenus, etc.). Elle est plus à risque de développer un trouble de dépression et a donc autant besoin de soutien psychologique que de soutien dans les démarches d’ordre pratique qu’elle doit effectuer.

Il est scientifiquement prouvé que les personnes qui choisissent d’aller en thérapie pour travailler sur elles-mêmes dans le but d’accepter la douleur voient non seulement leur qualité de vie s’améliorer, mais aussi souvent leur douleur diminuer.
 

2. Ma douleur n’est pas soulagée par ce que me prescrit mon médecin. Celui-ci a tout essayé, sans succès. J’ai entendu dire que la méthadone est bien plus efficace, et que son effet dure plus longtemps. Je suis tanné de prendre plein de pilules. Est-ce que le Cran peut m’aider?

Il est important d’expliquer à votre médecin que votre douleur n’est pas soulagée et de le mettre au courant de votre démarche auprès du Cran. Sachez cependant que le Cran est un centre spécialisé dans le traitement des troubles de l’usage des opioïdes et non dans le traitement de la douleur chronique.

 
Si vous pensez avoir un problème de dépendance, les professionnels du Cran peuvent vous aider, soit en donnant du soutien à votre médecin, soit en vous offrant un traitement si cela s’avère nécessaire. Idéalement, le Cran devrait pouvoir discuter de votre situation avec votre médecin; le travail d’équipe et votre collaboration sont donc essentiels. Sachez aussi que le traitement à la méthadone ou buprénorphine comporte des exigences très différentes de celles d’un traitement dans une clinique de la douleur. Vous devez vous attendre à vous rendre à la pharmacie tous les jours pour y recevoir votre médication, à vous présenter à de nombreux rendez-vous au Cran et à vous soumettre à des tests de dépistage urinaire de drogues. 

Si le problème concerne plutôt le soulagement non adéquat de la douleur, votre médecin peut vous référer à une clinique de traitement de la douleur. 
 

Un pharmacien de la communauté vous répond

1. Est-ce que je peux prendre les médicaments opioïdes contre la douleur de mon ami? Je me suis fait mal et j’en aurais besoin.

Les médicaments opioïdes peuvent être dangereux : une dose non adaptée peut créer une dépression respiratoire et entraîner la mort. Lorsqu’on débute un traitement à base d’opioïde, c’est toujours à faible dose et on augmente celle-ci progressivement. Il se développe ainsi un effet de tolérance et les risques de dépression respiratoire diminuent chez l’usager régulier.

Si une personne de votre entourage consomme une forte dose d’opioïde sans développer de problème respiratoire, c’est qu’elle a développé une tolérance au fil du temps. Si vous prenez ces médicaments et que vous n’en consommiez pas auparavant, la dose pourrait être trop élevée et vous causer de graves problèmes. Il ne faut pas non plus sous-estimer les autres effets secondaires et les interactions médicamenteuses.

Pour s’assurer de la sécurité du traitement, les opioïdes doivent être prescrits par un médecin. Celui-ci évaluera aussi la cause de la douleur. Il se peut qu’il vous prescrive des examens pour poser un diagnostic. Il se peut aussi que le traitement approprié ne soit pas du tout un traitement à base d’opioïdes, mais plutôt, un médicament d’une autre famille, une intervention chirurgicale, de la physiothérapie, etc. Rappelez-vous aussi que les opioïdes n’agissent que sur la douleur, pas sur ce qui en est la cause. 
 

2. Quels sont les effets secondaires des opioïdes les plus fréquents? J’ai entendu dire qu’on est toujours constipé quand on est sur la morphine…

Les effets les plus fréquents sont la somnolence, la nausée et les étourdissements, surtout en début de traitement, et sont généralement passagers. La constipation survient souvent; elle dure habituellement aussi longtemps qu’on prend des opioïdes. On recommande de saines habitudes de vie, comme boire suffisamment d’eau, s’assurer d’une alimentation riche en fibres et faire de l’exercice physique. Une prescription de laxatifs peut aussi aider.

Troubles liés à l'usage des opioïdes

Un médecin du Cran vous répond

1. Je suis médecin de famille. Depuis deux ans, j’ai en suivi un usager qui consomme des opioïdes en moyenne une ou deux fois par semaine. Il doit prendre sa dose de méthadone en présence du pharmacien quatre jours par semaine. Cet usager souhaite recevoir davantage de doses non supervisées qu’il peut apporter chez lui. Quels sont les paramètres cliniques à considérer?

Le critère principal dans l’octroi d’une dose non supervisée de méthadone ou de buprénorphine est le niveau d’organisation de l’usager. Une personne qui consomme n’est pas forcément désorganisée. Il importe d’avoir une vision globale de sa situation, ce qui comprend :  

  • l’assiduité aux rendez-vous médicaux;
  • l’évolution du traitement ainsi que le comportement avec l’équipe traitante et à la pharmacie;
  • l’état de santé général et le milieu de vie;
  • la capacité à conserver les doses à emporter dans un endroit sécuritaire; 
  • la compréhension des dangers liés à la médication pour soi-même et pour autrui (par exemple, s’assurer que l’usager comprenne bien le danger à prendre deux doses dans une même journée et qu’une dose de méthadone peut s’avérer mortelle pour une personne qui n’en consomme pas d’habitude).  
2. Quand la première dose non supervisée de méthadone ou de buprénorphine peut-elle être prescrite?

Selon les lignes directrices du Collège des médecins du Québec, on peut prescrire la première dose non supervisée trois mois après le début du traitement à la méthadone ou deux mois après le début du traitement à la buprénorphine (cette médication est plus sécuritaire que la méthadone).

Cette période n’est donnée qu’à titre indicatif. Il s’agit d’une fenêtre qui permet au médecin ou à l’équipe traitante de bâtir une relation de confiance avec l’usager et de recueillir les informations nécessaires.
 

3. Je suis médecin de famille. Un usager me demande d’augmenter sa dose de méthadone : il se plaint qu’elle ne lui dure pas 24 heures. Pourtant, au moment de la consultation, il ne semblait pas en sevrage. Quand je suis allé à sa rencontre dans la salle d’attente, il dormait sur sa chaise. Cela semble indiquer que sa dose est trop élevée. Que devrais-je faire?

Vérifiez l’heure de la prise de médication et déterminez s’il s’agit de l’une ou l’autre des situations suivantes :

  • Si l’inconfort survient dans les heures qui suivent la prise de méthadone, il faut approfondir avec l’usager sa perception de cet inconfort et lui faire remarquer qu’il semble même somnolent. Vous devez aussi déterminer s’il y a consommation de psychotrope, ce qui pourrait expliquer la somnolence. 
  • Si l’inconfort de l’usager se manifeste plutôt dans les heures qui précèdent la prise de méthadone et qu’il ne manifeste pas de somnolence dans les heures qui suivent la prise, on peut envisager d’augmenter la dose. La somnolence peut être aussi causée par de l’insomnie ou une autre raison sans lien avec la méthadone. D’où l’importance d’évaluer l’heure de la prise de celle-ci. 
  • Chez les usagers qui métabolisent rapidement la médication, on peut constater une somnolence post-dose et des symptômes de sevrage avant la fin de la période de 24 heures. Dans ce cas, il peut être approprié de scinder la dose en deux.
     
4. Je suis médecin de famille et j’ai un patient en traitement à la méthadone depuis cinq ans. Il souffre d’un trouble d’anxiété généralisée pour lequel il refuse toute médication. Au début, mon patient a réussi à diminuer de manière importante sa consommation d’héroïne, mais a peu à peu, il a commencé à reprendre la même quantité qu’auparavant, malgré des augmentations successives de la dose de méthadone. Il m’explique que seule l’héroïne parvient à soulager son anxiété. Pourtant, il veut vraiment cesser d’en prendre. Dois-je déduire que le traitement à la méthadone est un échec pour ce patient?

Certains usagers éprouvent de la difficulté à arrêter de consommer, malgré le traitement à la méthadone prescrit. Il devient alors important de travailler en collaboration avec d’autres professionnels pour optimiser le traitement de la dépendance. Cet usager bénéficierait d’un suivi psychosocial et de soins d’acupuncture pour apprendre à gérer son anxiété. Il peut s’adresser au Cran pour recevoir ces services, à son CLSC pour du soutien psychologique ou à une clinique d’acupuncture privée pour ces soins. L’efficacité de l’acupuncture à aider les personnes qui sont aux prises avec un trouble de l’usage des opioïdes est scientifiquement reconnue.  

Une infirmière du Cran vous répond

1. Je suis pharmacien de la communauté. Il est lundi et je vous appelle parce que samedi, Monsieur X s’est présenté à la pharmacie après avoir manqué ses doses au comptoir quatre jours d’affilée. Il a dit qu’il n’en avait pas manqué parce qu’il en avait de réserve, qu’il a accumulée au fil du temps. Monsieur X est actuellement sous buprénorphine 16mg. J’ai décidé de ne pas le servir, sans avoir pu confirmer avec vous si ma décision était bonne parce que vos services sont fermés la fin de semaine. Ai-je pris la bonne décision?

Oui. Un pharmacien ne devrait pas servir de buprénorphine après trois doses manquées, même si le patient affirme avoir pris sa propre médication. Même chose pour la méthadone. Il est important de référer le patient à son équipe traitante, qui devra le réévaluer avant de redémarrer la prescription. La dose sera à la baisse, par mesure de sécurité. L’équipe vérifiera aussi la question des doses accumulées.

2. Je viens tout juste de débuter mon traitement et je dois quitter dans six mois pour l’Ouest canadien. Je vais y séjourner pendant trois mois, dans un endroit éloigné des grands centres urbains. Quelles sont mes alternatives?

Il est important de bien comprendre que le traitement de la dépendance aux opioïdes comporte plusieurs contraintes, dont celle de la gestion de la médication. Les lignes directrices du Collège des médecins du Québec n’autorisent pas plus qu’un mois de doses non supervisées pour les patients stables. Un changement de pharmacie est possible dans la mesure où la nouvelle pharmacie dispense la médication et accepte les prescriptions rédigées au Québec. En dernier recours, un sevrage de la médication peut être entrepris. Toutefois, appliquer cette solution en une si courte période de temps représente un énorme défi.

3. Je suis en traitement à la méthadone et je veux transférer à la buprénorphine, mais j’ai peur parce j’ai entendu dire que si j’ai un accident comme une fracture, la buprénorphine rendra les antidouleurs inefficaces.

Si le dosage de la buprénorphine est inférieur à 8mg, il est possible de soulager la douleur efficacement au moyen de médicaments opioïdes. 

À un dosage plus élevé, les propriétés de la buprénorphine empêchent effectivement les autres opioïdes de jouer pleinement leur rôle dans le soulagement de la douleur. On doit alors cesser temporairement la prise de buprénorphine. Il est recommandé de prévoir une médication à courte durée d’action qui compense pour la buprénorphine, tout en soulageant la douleur. 

4. Je suis médecin de famille et je veux savoir si on peut prescrire des médicaments opioïdes pour soulager la douleur à une personne qui est actuellement en traitement à la méthadone.

Oui, dans le cas d’une douleur aiguë, par exemple, une douleur post-opératoire, une fracture ou une extraction dentaire. Il faut souvent prescrire à l’usager qui est en traitement à la méthadone une dose d’antidouleur à base d’opioïde plus élevée qu’à l’habitude parce que la tolérance est accrue et que la douleur ne sera peut-être pas soulagée par une dose habituelle. Il faudra ensuite planifier un décroissant de dose pour l’opioïde choisi, afin d’éviter le sevrage. Dans ce genre de situation, le patient risque de rechuter et d’abuser des comprimés qui lui ont été prescrits. Pour toutes ces raisons, le médecin qui prescrit le médicament antidouleur à base d’opioïde et le médecin prescripteur de méthadone devraient se consulter.

Dans le cas d’une douleur chronique, il existe d’autres options que la prescription d’un médicament opioïde. Les médicaments opioïdes peuvent être moins efficaces à long terme et le patient pourrait en abuser. Les autres approches incluent, entre autres, une augmentation de la dose de méthadone ou la prise d’analgésique non opioïde, par exemple, les anti-inflammatoires et les coanalgésies. Les approches alternatives, telles  la physiothérapie et la psychothérapie, font aussi partie des options à considérer. 
 

Un intervenant psychosocial du Cran vous répond

1. Combien de temps dois-je attendre pour obtenir un traitement à la méthadone ou buprénorphine?

Plus vite l’inscription sera complétée, plus vite votre nom sera mis sur la liste d’attente. Il faut prévoir un délai d’attente d’environ quatre à six semaines. Afin d’augmenter vos chances d’accéder à un traitement rapidement, nous vous recommandons aussi de faire des demandes ailleurs : à l’Hôpital Saint-Luc (CHUM), à la clinique Herzl de l’Hôpital général juif ou au centre de réadaptation en dépendance (CRD) de votre région. 

En tout temps, il est possible d’appeler le Cran au 514 527-6939 pour faire un suivi de votre demande et pour recevoir entre-temps du soutien psychosocial.

2. Qu’est-ce que je devrais choisir : aller en détox ou suivre un traitement à la méthadone ou buprénorphine?

En général, un centre de désintoxication est recommandé si 

  • vous consommez des opioïdes depuis peu de temps (moins d’un an);
  • vous trouver trop contraignant le programme de traitement de la dépendance aux opioïdes qui implique un niveau d’engagement élevé : visite quotidienne à la pharmacie pour recevoir la médication et rendez-vous hebdomadaires au Cran en début de traitement;
  • vous souhaitez vous engager dans une démarche à court terme et non à moyen ou à long terme, c’est-à-dire, qui s’échelonne sur plusieurs années, comme le nécessite souvent le traitement à la méthadone ou buprénorphine.
     
3. Je ne vis pas à Montréal. Puis-je quand même faire une demande au Cran?

C’est possible, mais les personnes vivant à Montréal seront priorisées. Il est conseillé de faire une demande en même temps à l’Hôpital Saint-Luc (CHUM), à la clinique Herzl de l’Hôpital général juif ou au centre de réadaptation en dépendance (CRD) de votre région. 

4. Suis-je obligé de suivre une psychothérapie si je suis admis au Cran?

Non. L’intervenant psychosocial dans l’équipe traitante est là pour offrir un soutien non obligatoire autant pour vous aider à faire face à des difficultés psychologiques qu’à vous accompagner dans vos démarches concernant l’aide au logement, les banques alimentaires, l’aide sociale, la déclaration d’impôts, ainsi qu’auprès de la Cour, de la Régie de l’assurance maladie du Québec, etc. 

Vous serez amené à rencontrer votre intervenant de temps en temps, pour maintenir le contact, sans que cela ne devienne pour autant une psychothérapie.

La médication ne peut pas répondre à toutes vos préoccupations ou difficultés. Nous considérons donc que vous mettrez toutes les chances de votre côté si vous acceptez de recevoir du soutien de votre intervenant psychosocial.
 

5. Je suis usager et j’ai entendu parler du protocole NADA. De quoi s’agit-il?

Le protocole NADA est une technique de soin d’acupuncture dispensé uniquement au niveau des oreilles. Cette technique est destinée aux personnes qui souhaitent recevoir de l’aide pour diminuer ou cesser leur consommation, mieux vivre le sevrage, améliorer la qualité de leur sommeil et gérer leur anxiété. Le Cran offre des soins d’acupuncture gratuitement aux usagers en traitement de la dépendance aux opioïdes qui en font la demande.